Au numéro 12 de la rue de Paris, on ne sert plus. Seule la devanture indique encore qu'il y avait là, dans ce bâtiment historique, les tables dressées du « Restaurant de Paul ». C'était le seul restaurant de la firme dans le monde. Les cuistots ont déserté le lieu en janvier 2009, après quatre années d'activité. Mais les cuisines vides ne devraient pas le rester longtemps. Le chef étoilé Marc Meurin a en effet décidé d'en faire son nouveau terrain de jeu. L'ancienne insigne va être prochainement décrochée pour laisser place au « Restaurant de monsieur Jean ».
« J'ai toujours voulu m'installer à Lille. J'y ai fait mes études et c'est là que j'ai commencé à travailler chez un traiteur , se rappelle-t-il, un brin nostalgique. L'idée mijotait depuis huit mois. Les gens m'ont fait des propositions et l'opportunité de reprendre l'espace laissé vacant par Paul s'est présentée. » Sur place, les travaux ont déjà commencé. À l'étage, le restaurant pourra accueillir une soixantaine de couverts. La carte sera la même que celle du Jardin d'Alice, son restaurant « fusion » du château de Beaulieu à Busnes. « Nous allons mettre à l'honneur les produits du terroir et continuer à travailler avec des produits biologiques », annonce-t-il, fidèle à son éthique gastronomique. Un bon plat, c'est d'abord de bons ingrédients : le chef achète bio et local.
À nouvelles tables, nouvelles ambitions. Marc Meurin souhaite, avec le restaurant de monsieur Jean, faire partie des Bib Gourmands, une sélection des meilleures tables à moindre prix éditées elles aussi par Michelin. « Nous proposerons un menu entrée - plat - dessert à moins de 29 E », promet-il. La condition nécessaire pour faire partie de la liste.
Le chef a plus d'une idée dans sa toque : « Jean-Jean » occupera le rez-de-chaussée de son nouveau bastion culinaire. « C'est un espace dans lequel nous vendrons des plats, des soupes, des salades, et des menus entre 8 et 20 E, que les gens pourront emporter. » Des en-cas de qualité à moindre prix en somme.
La nouvelle aventure du chef nordiste créera une vingtaine d'emplois. « Nous sommes d'ores et déjà à la recherche de personnel », explique Marc Meurin, pris dans le tourbillon de l'ouverture. Les premiers gourmets sont en effet attendus pour la fin juillet « ou le début août, cela dépend des travaux ». Le chef a pour objectif de régaler les papilles de ceux à qui les tables délicieuses, mais onéreuses, ne sont habituellement pas accessibles.
samedi 05.06.2010, 05:08 - PAR SARAH BINET - La Voix au féminin.fr
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